La musique de l’émotion, par le compositeur


Christophe Guyard est un compositeur de musique orchestrale, lyrichristophe-guyardw159que, d’orgues et de piano né à Rennes en 1966. Il étudia le piano et la composition au conservatoire de Rennes et rencontre Olivier Messiaen qui lui conseille aller étudier à Paris, où il est accepté à 18 ans en 1984 et où il reçoit quatre premiers prix. Il à composé la musique des jeux olympiques d’hiver d’Albertville en 1991 et s’est également illustré dans des projets « sons et lumière ». Christophe Guyard fonde en 2010 la « Villa des compositeurs » afin de promouvoir la création et la transmission des œuvres composées.

L’objectif de notre entretien avec ce compositeur était de savoir si certaines spécificités musicales pouvaient être caractéristiques de la procuration d’une émotion. (voir Entretien avec Christophe Guyard dans les annexes). Les réponses du compositeur nous confirment que la musique n’est pas partout la même; elle varie selon l’auditeur de part une relation à la musique propre à chaque individu, relation dont les variables sont les souvenirs, l’expérience d’écoute et les habitudes culturelles et donc musicales de l’auditeur. Par exemple, une personne ayant été fortement marquée par le film A Clockwork Orange de Stanley Kubrick associera spontanément le second mouvement de la neuvième symphonie de Beethoven à la scène du suicide du héros de ce film alors qu’une autre personne l’associera plutôt à l’hymne européen et une autre au souvenir d’un concert. Christophe Guyard nous enseigne également que nombre d’émotions sont liées à des facteurs directement rattachés à la musique, dont principalement le tempo, la pulsation qui est « mère de tous les émotions ». Intervient également la dynamique, les contrastes de l’œuvre en terme de nuances, de couleurs harmoniques ; ainsi, un auditeur écoutant une pièce de Chopin (qui accentue la place des couleurs harmoniques dans ses compositions) se verra plus facilement transporté dans le domaine des émotions romantique (majoritairement mélancolie, nostalgie…) que dans l’écoute d’un concerto de Schoenberg qui promeut une nouvelle harmonie étrangère à l’auditeur. On constate également une inflence forte de la formation instrumentale, dépendamment des compositeurs ; en effet, certains (comme M. Guyard) considèrent la musique comme indépendante des instruments qui l’interprètent. En revanche, d’autres compositeurs comme Maurice Ravel recherchent une formation parfaite pour transmettre les intentions du compositeurs ; les émotions ou l’état d’esprit.