Les morceaux choisis : caractéristiques principales

Les morceaux dont sont tirés les extraits utilisés dans notre questionnaire (et audibles ici) ont une caractéristique commune: ils sont tous fondés sur une même grille: la grille de blues. Avant d’exposer les caractéristiques musicales propres à chaque morceau, nous allons de prime abord comprendre en quoi consiste une grille de blues.

La grille de blues est un enchaînement harmonique d’accords* de 3, 4, 5 sons ou plus structuré généralement en 12 mesures de 4 temps chacun. Sur la grille ci-dessus, les accords sont représentés par leur place dans la gamme utilisée, c’est à dire par leur degrés dans celle ci ; ainsi, en Sol# Majeur (G# en écriture anglo-saxonne), on a le premier degré (I) qui correspond à G#, l’accord le plus souvent joué sera G#7 (Sol # majeur septième correspond aux notes Sol#, Si#, Ré#, Fa#. On notera une altération de la sensible au profit de la couleur harmonique), le second accord (IV) qui correspond à C#7 (C#, E#, G#, B avec, encore un fois la septième de l’accord altérée au profit de la sonorité de l’accord.) et le dernier accord (V) sera souvent joué, toujours avec une septième mineure (dite, en jazz b7 ou 7)mais sans altérer de note (l’accord de cinquième degré d’une gamme majeure étant toujours de forme V7): D#, Fx (x correspond à une altération de double dièse), A#, C#. Les morceaux que nous avons choisis sont tous basés, dans une tonalité différentes pour certains, sur cette grille harmonique du blues.

Le premier morceau que nous avons décidés de diffusés aux sondés participant à notre enquête est un morceau interprété par Jerry Lee Lewis, chanteur de Rock ‘n Roll américain des années 1950 en 1957 et composé par Claude Demetrius. Ce morceau est caractéristiques du Rock ‘n Roll américain des années 1950 dont les interprètes de renommée sont Elvis Presley, Johnny Cash ou encore Jerry Lee Lewis. Cette pièce: Mean woman blues (dans la version que nous avons choisie) offre différentes caractéristiques: un tempo de 180 BPM, une formation de piano, guitare électrifiée, basse électrique et voix, une tonalité majeure. On ne prendra pas en compte les paroles des chansons car ce sont des extraits qui sont diffusés et que toutes ne sont pas vocales. Cette musique possédant un tempo rapide, une tonalité majeure et une formation sobre et puissante, on peut supposer qu’elle aura pour conséquence chez l’auditeur une augmentation de son énergie.

La seconde pièce que nous avons choisis de diffuser est interprétée par Muddy Waters et s’appelle Feel Like Going Home, ou Mississippi Delta Blues. Elle fut enregistrée en avril 1948 sur son vinyle « (I Feel Like) Going Home » / « I Can’t Be Satisfied » . Ce morceau est joué à un tempo de 75 BPM, donc assez lent. L’organisation instrumentale est un binôme de guitares (une acoustique et une électrifiée) qui supporte la voix de Muddy Waters. Le morceau est en tonalité majeure. Cette pièce appartient au courant musical du Delta Blues, courant du début du XXème siècle qui privilégiait la guitare, l’harmonica et le chant et se basait en écrasante majorité sur une grise de blues. Au vu de ses caractéristiques, on peut supposer que cette musique produira chez les sondés un sentiment de tristesse, ou de mélancolie mitigé par la tonalité majeure.

La troisième pièce dont nous avons extrait un passage pour le sondage date de 2013 et s’intitule Dancefloor Blues. Il à été écrit par le groupe Sirensceol et appartient au mouvement électro-dancefloor. Ce courant musical, comme son nom l’indique est une musique électronique faite dans le but de faire danser ses auditeurs. Ce morceau possède un tempo d’environ 90 BPM, une rythmique fortement présente et une instrumentation électronique (synthétiseurs ou ordinateurs). Ce morceau est en tonalité mineure (fa mineur); on peut donc supposer que le sondé, à l’écoute de ce morceau se sentira dans un état de tristesse plus ou moins mélangé avec une incompréhension d’une formation instrumentale méconnaissable.

Le quatrième extrait provient de l’album Africa/Brass de John Coltrane, enregistré et mis à la vente en 1961 et plus précisément du morceau Blues Minor. Ce morceau à la particularité d’être un blues en mode mineur. La formation instrumentale de ce morceau est un quartet de jazz (piano, batterie, contrebasse et saxophone) et le tempo est de 210 BPM. Dans l’extrait de cette pièce, John Coltrane est en solo et, dans un flot notes, introduit des harmonies nouvelles. La perception que peut avoir l’auditeur de cet extrait peut devenir confuse. On peut cependant supposer qu’une majorité des sondés sentirons l’influence mineure du morceau et seront proies à des émotions allant dans la continuité de la tonalité: tristesse, mélancolie…

L’extrait suivant date de Janvier 2015 et vient de l’Ontario, porté par le groupe Albatross et s’intitule House of Fire. Ce morceau est en tonalité majeure et possède un tempo de 200 BPM. La formation instrumentale est classique du Rock: deux guitares dont une seulement rythmique, une basse électrique et une batterie sur lesquels vient se superposer la voix du chanteur. Le ressenti de l’auditeur, du sondé face à ce morceau est probablement une énergie, forte joie ou colère accentuée par la saturation dont font l’objet les guitares.

Le sixième extrait provient du deuxième mouvement la sonate pour violon et piano de Maurice Ravel créée en 1927, Blues. Cet extrait est modéré (100 BPM) et de structure instrumentale « classique »; violon et piano. Cette pièce est majeure et l’instrumentation est nouvelle pour l’époque (structure harmonique et rythmiques complexes). Le sentiment qui peut germer chez l’auditeur est une sorte de malaise dû à la complexité de l’écriture, additionnée à la vitesse entre-deux de l’oeuvre et des nombreuses dissonances entre la mélodie du piano et celle du violon.

Le dernier extrait date de 1977, s’intitule Disco Blues et est interprété par le groupe The Ritchie Family. C’est un morceau de tonalité majeure et de tempo rapide (140 BPM). La formation instrumentale est : basse, clavier, saxophone, batterie ; ensemble typique de la musique populaire des années 1970 ou 1980. L’objectif de cette musique est de faire danser, de procurer de la bonne humeur; ce que -à notre supposition- ressentira l’auditeur.