Enquête : résultats et analyse

 

Comme expliqué précédemment, et au vu des différentes caractéristiques mises en avant par MM. Guyard et Jolij pour expliquer le fait que la musique procure des émotions très diversifiées (allant de la joie et l’envie de danser à la tristesse en passant par le mal-être), nous avons décidé d’effectuer un sondage sur une population de jeunes (de 9 à 17 ans) consistant à leur faire écouter sept extraits de pièces (entre 30 secondes et 1 minute) basées sur une même grille harmonique de blues et à les interroger sur leur ressentis, leurs émotions, leur état d’esprit lors de l’écoute de la musique. Le choix d’une population de jeunes s’est établie assez naturellement grâce à un facteur d’expérience : en effet, plus les personnes sondées sont jeunes, moins leurs réponses sont conformes à des habitudes, des « normes » vis à vis de certaines musiques et donc permet une plus grande neutralité du sondage, et donc, en théorie, une neutralité permettant de parler de l’individu en général (avec cependant une grande marge d’erreur car ce sondage n’est ni international, ni effectué sur un effectif de 1000 personnes ou plus).

Notre sondage s’est effectué de novembre à décembre 2016, sur un public de lycéens du lycée Jacques Cartier et d’écoliers d’une école primaire de Nantes, en Loire Atlantique. Les résultats du sondage confirment en grande partie les supputations que nous avions faites dans l’article Les Morceaux choisis : caractéristiques principales:

Les résultats de l’enquête concernant le premier extrait sont édifiants; en effet, à une grande majorité, les sondés répondent qu’ils se sentent plus énergiques à l’écoute de cette musique. Ces résultats confirment notre hypothèse pour ce morceau de Rock ‘n Roll:

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Les résultats complets sont dans Résultats

Concernant la deuxième pièce, nous avions supposés que l’auditeur se sentira triste ou mélancolique

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On observe toutefois un bilan plus mitigé avec, en plus de la tristesse, mélancolie, de la déception (10%) ainsi qu’une forte représentation de la population qui ne ressent rien ou un malaise durant l’écoute. Ceci peut venir du contraste entre la lenteur du morceau et sa tonalité majeure.

Le troisième extrait, Dancefloor Blues, remet en cause notre analyse; en effet, ce morceau à une portée majoritairement énergique sur les sondés, alors que nous nous attendions à une majorité de mal-être.

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Ces résultats nous permettent d’affirmer que cette musique remplit sont objectif de faire danser ou être plus énergique, par son rythme rapide notamment.

Concernant le quatrième extrait, nous avions supposés que le sondé se livrerait à des émotions de l’ordre de la tristesse et de l’incompréhesion:

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Les résultats présents en plus grande quantité sont l’absence d’émotions ainsi que de la joie. Ce dernier sentiment peut paraître étonnant au vue de notre supposition mais peut facilement s’expliquer par le rythme du morceau rapide.

Le cinquième extrait pouvait, selon nous, donner à l’auditeur un sentiment de joie, d’énergie, ou de colère:

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C’est en effet le cas avec une surreprésentation du sentiment d’énergie et de joie.

Dans la pièce de M.Ravel, le sentiments que nous supposions était un malaise.

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Cependant on observe qu’en plus du malaise on peut observer de la mélancolie, de la tristesse qui viennent sans doute de la déstructure harmonique de l’oeuvre.

Concernant le dernier extrait, nous prévoyions de la joie (tonalité, rythme…)

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Nous observons dans les résultats une dominante joyeuse et énergique, dominante qui confirme notre hypothèse.

 

Ces résultats nous montrent que l’on peut, en fonction du rythme, de la tonalité, du tempo et de la formation instrumentale, « prédire » le sentiment auquel sera confronté un auditeur de cette pièce. Toutefois, il existe de grandes marges d’erreur car, par exemple, à partir de chiffres, on ne peut restituer une ambiance, ambiance qui compte pour beaucoup dans l’interprétation émotionnelle et sentimentale d’un morceau, qui fait qu’une musique triste peut rendre joyeux, heureux. De plus, il y a de grandes diversités d’opinions d’un individu à un autre et d’un peuple, d’une culture à une autre. Ces résultats sont donc satisfaisants pour essayer de tendre vers une neutralité statistique propice à toute généralisation.